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> L’ossature bois

Le squelette de l’ouvrage.
La justesse de sa réalisation, comme pour les êtres vivants, fera la maison « solide et bien roulée » et  la différence de prix quant au projet.

Ni trop, ni trop peu de bois, elle doit s’approcher de la perfection de l’arbre qui fabrique juste ce qu’il lui faut pour résister au vent et à la surcharge des feuilles.

Caractéristiques :
Elle est faite en fonction du remplissage- porteur ou non, protecteur ou non, et de son poids.
Dans tous les cas de figure, l’ossature bois doit sa conservation au respect de règles de mise en œuvre simples :
Avoir les pieds au sec et permettre à l’eau de passer sans la retenir.

Orienter autant que possible les bois dans la construction suivant deux règles principales :

1.Toutes les pièces posées en pente ou verticalement travailleront et se conserveront mieux si elles sont posées dans le sens où elles ont poussé, la tête en haut. La structure creuse de la fibre de bois est plus serrée en haut qu’en bas, le tronc et les branches de l’arbre s’affinant en s’élevant. Cette fibre ressemble à un entonnoir qu’il faut mettre dans le bon sens pour ne pas retenir l’eau. D’autre part dans l’arbre, le bois de la base porte le poids de celui du haut. Autant profiter de cette force dans la structure.

2.Les pièces posées horizontalement échappent évidemment à la règle précédente. Il s’agit de considérer pour elles la déformation qu’aura le bois en séchant et suivant la manière dont il a été scié. On dit que le bois « tire à cœur » cela veut simplement dire que le bois du cœur étant plus dense que le bois périphérique, il perdra moins de volume en séchant, occasionnant une déformation de la pièce toujours dans le même sens : la planche, le bastaing, le madrier, etc. auront une face creuse et la face opposée bombée. Une cuvette et un dôme. Cela a son importance pour l’eau notamment, et les assemblages.

Le choix du béton de chanvre enrobant l’ossature bois s’avère encore le meilleur, parce qu’il se comporte comme la chair de l’ensemble :
- Il devient porteur en faisant sa prise, et dispense donc de faire une ossature lourde et autoporteuse.
- Il contrevente l’édifice tous en gardant une souplesse équivalente à celle du bois.
- Il protège le bois contre les insectes et les moisissures grâce à la chaux qu’il contient et dispense de tout autre traitement.
- Il protège le bois contre l’eau et l’humidité en le laissant respirer.
- Il est incombustible et protège le bois du feu.
Enfin, sa densité est proche de celle d’un bois résineux, ce qui donne un ensemble minéral végétal homogène et cohérent.

Choix des bois
On choisi le bois en fonction de sa destination et de ses qualités de résistance.
Pour l’ossature primaire, un bois souple, fort et ne se tortillant pas trop.
Pour le remplissage ou ossature secondaire, un bois léger et résistant.
Pour la pose en extérieur, au sol ou en façade, un bois résistant à l’eau et aux intempéries. Nul besoin de le traiter, il se protégera seul en prenant une couleur gris argenté.
Bien sur, si par goût on veut un chalet suisse de magazine, au joli blond doré, c’est possible :
Il faudra passer des produits pour lui donner cet aspect. Bio ou pas bio. Et les repasser tous les ans ou les deux ans suivant l’exposition des bois.

En France on peut trouver dans chaque région un ou des bois indigènes qui répondent à ces trois critères. Bonne nouvelle ! Pas besoin de couper les forêts africaines, brésiliennes, etc.

Les assemblages
L’art d’apprécier le comportement des pièces de bois les unes par rapport aux autres et de les faire tenir ensemble.
Si un charpentier stagiaire intégriste du bio vous propose de réaliser votre ossature « à l’ancienne », remerciez le poliment et laissez le fumer tranquille.

Il est possible de se passer totalement de « ferraille », mais cet intégrisme coûte cher car la réalisation de certains assemblages est longue, et une connaissance approfondie de la charpente est de rigueur !
Ensuite la conception avec tenons, mortaises et chevilles n’a pas que des avantages.
Le creusement d’une mortaise peut affaiblir certaines pièces de la charpente.
D’autre part, le tenon dans l’assemblage ne doit pas être porteur mais simplement clef de serrage d’un assemblage renforcé par embrèvement.
Les vis et les pointes rendent des services qu’il faut utiliser pour l’économie du projet, et de toutes façons, une science des assemblages reste nécessaire pour un juste équilibre entre la « ferraille » et le bois, d’autant que cette ferraille supporte mal la chaux et le plâtre du béton de chanvre.

Conclusion
Si le confort de l’habitat bois est reconnu, de très anciennes constructions bois, toujours vivantes, du séchoir agricole aux halles de village, sont connues de tous, et personne ne dit d’elles « oui mais il faut les entretenir sans arrêt » ou encore « ça ne tient pas longtemps »
Posez vous la question de savoir qui les ont réalisées.
La croyance de la construction bois plus chère que le parpaing tend heureusement à changer, ce qui est surprenant dans une période de crise, accompagnée généralement d’un retour à la pierre.
Les économies d’énergie nécessaires et la chaleur naturelle du bois y sont pour beaucoup. Ainsi que la mode « verte », éphémère, comme une ossature bois fabriquée par un bricolo.
Le bois supporte moins longtemps les désordres et les maltraitances que la pierre, mais bien mis en œuvre, il dure aussi longtemps qu’elle, et est beaucoup plus facile à chauffer.
C’est la partie la plus technique de la construction. Un bon charpentier est indispensable
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