> Les doublages
Quand on a pas la possibilité de construire un habitat neuf en béton de chanvre, on peut toujours faire un doublage des parois existantes.
De part sa plastique au coulage, le béton de chanvre peut rentrer dans tous les interstices d'un vieux mur, et devenir solidaire de celui-ci.
On peut ainsi assainir un vieux mur et lui conférer des qualités de régulation thermique et hygrométrique qu'il n'avait pas jusque là.
L'idéal est de pouvoir rajouter 10 cm d'épaisseur au mur existant, en piquant la vielle brique ou le vieux parpaing pour que le béton de chanvre rentre un peu partout, et créer une accroche mécanique cohérente de l'ensemble.
Si 10 cm représente une perte d'espace intérieur non négligeable, on peut se contenter d'appliquer un enduit chanvre sur 2 ou 3 cm sur les murs. On sentira malgré tout le changement et le bénéfice d'une telle pratique: des murs chauds, secs et beaux!
3 exemples pour l'expliquer.
Rien de plus triste et froid qu'un parpaing, mais rien non plus de plus utile et économique que lui quand il s'agit de faire un mur enterré.
Il suffit alors de procéder à un doublage intérieur en béton de chanvre pour obtenir, par exemple, un mur de cave qui saura réguler l'humidité, empêchera les moisissures et y maintiendra une température agréable, idéale pour la conservation du vin et des aliments.
La technique est semblable à celle des murs banchés, c'est à dire que l'on coffre 10 cm devant le parpaing et l'on coule par couches horizontales successives le béton de chanvre. Dès le coffrage rempli, on l'enlève: c'est pris. Et l'enlever est important car le parpaing respire mal, le béton de chanvre ayant besoin du CO2 de l'air pour faire sa prise définitive. S'il se trouve du vin nouveau dans la cave, le dégagement de CO2 de la fermentation fera carbonater la chaux aérienne encore plus vite.
Il peut être nécessaire, pour obtenir une bonne accroche du doublage, de projeter un gobetis de chaux aérienne-ponce mélangées sur le parpaing au préalable.
Sur un mur en pierre existant, procéder comme précédement pour le parpaing, en ayant eu soin de décroûter le mur à traiter de toute partie non adhérente: vieux crépis, joint en terre pulvérulent, etc.
Il est très intéressant de construire ou reconstruire un mur en pierre en le doublant simultanément avec du béton de chanvre.
Le résultat sera exceptionnel: tous les avantages de la pierre sans les inconvénients: froid, humidité.
Je rappelle que le béton de chanvre a une inertie considérable et un temps de déphasage presque équivalent à la pierre. Le mur obtenu saura conserver la fraicheur d'un mur en pierre, tout en réfléchissant la chaleur à l'intérieur.
Enfin, le béton de chanvre assurera un liant d'une cohésion sans égale pour la pierre bâtie, surtout quand on le coule à mesure qu'on bâti la pierre.
La technique est très simple: il faut savoir bâtir la pierre!
On bâti un parement extérieur, sur une épaisseur de 35 cm en moyenne. Au droit du parement intérieur on installe un coffrage.
Une fois quelques rangs de pierres bâtis, on coule le béton de chanvre.
et ainsi de suite.
La brique dont je parle ici est la brique pleine en terre cuite (pas trop si possible)
La brique monomur est trop cuite, trop chère pour la difficulté de sa mise en oeuvre et les performances qu'elle fournit.
Un tel mur et une telle technique peut être adaptée aux vieux colombages, à ceux qui voudrait finir par un enduit terre, comme sur les constructions en paille, les désordres et désagréments en moins.
Bâtir la brique devant ou à l'intérieur du colombage. Le parement réalisé forme une des 2 faces de coffrage.
L'autre face sera faite, par exemple par des panneaux de canisse en roseau tressé par du fil de fer et accroché au colombage.
Ce produit existe en 1, 2, 3.5 et 5 cm d'épaisseur, se cintre facilement et fourni une excellente accroche pour les enduits. ça fait partie des bonnes choses que nous fournissent les Hongrois. ne pas désespérer...
On coulera ensuite le béton de chanvre entre ces 2 parois, pour obtenir un mur composite d'une bonne inertie.



