> La chaux
La chaux est le composant principal du liant du béton de chanvre. C’est une pierre vivante.
Elle est bactéricide, hygiénique, résistante, facile d’emploi, et régule parfaitement l’humidité.

Pour obtenir la chaux, il faut cuire à 900°C une roche calcaire, qui n’aura de cesse au cours de son existence de retrouver son état d’origine en reprenant partout où elle pourra les trouver les molécules évaporées lors de sa calcination.
Elle va les chercher partout, dans l’air, dans l’eau y compris celle des végétaux, des animaux et dans la peau des ouvriers qui la travaille.
Rien ne lui résiste - moisissures, insectes, etc. - et les brûlures occasionnées sont terribles. C’est aussi pour cela qu’il faut absolument se protéger pour la mettre en œuvre.
Le calcaire est une roche très dure. L’intérêt de la chaux est de permettre la création d’une nouvelle roche, en lui ajoutant d’autres matériaux et leurs propriétés, par l’incorporation d’une charge ou agrégats.
La roche obtenue sera d’autant plus vivante et résistante que la charge sera bien choisie pour son affinité avec la chaux.
rend le mortier résistant aux chocs et à l’abrasion.
Crée une armature solide en aidant la chaux à durcir par carbonatation.
Donne du volume au mortier et atténue sa rétraction lors de la prise quand l’eau s’évapore.
Améliore, si bien choisie, la perméabilité à la vapeur d’eau.
Donne la couleur et baisse le prix du mortier.
Ainsi, alliée à la chènevotte, elle donne une pierre végétale, à la structure cristalline, non tissée, sans besoin aucun d’adjuvant secret, objet de dépôt de brevet juteux, que peu de matériaux peuvent égaler.
L’intérêt de cette charge est donc d’ajouter au calcaire régulation thermique et souplesse, distribuant au passage l’air et l’eau qu’elle contient nécessaires à la chaux pour faire sa prise.
Etant donné ses besoins en air et eau pour faire sa prise à cœur, elle permet à la vapeur d’eau et l’humidité de transiter par elle. C’est sa respiration nécessaire, qualité qu’elle gardera toute sa vie, pourvu que rien ne l’en empêche.
Au contraire du ciment ordinaire (à garantie de prise, celui vendu partout – celui à garantie de formulation étant plus rare.) qui fait sa dernière prise en mourant, le plus souvent sur un acier pour le protéger de l’eau.
Certes, sa prise est plus rapide mais cette roche trop cuite (1500°C) ou clinker, a besoin d’adjuvants pour prendre, et ceux-ci sont variés et suivant l’arrivage (farines animales, cendres, toutes ces vaches folles cuites…, etc.) bloquant le passage de l’air et de l’eau.
Cela rend service pour des usages particuliers, mais donne un matériau mort et obligatoirement armé.
Où l’on peut constater que le ciment ordinaire fait sa prise plus rapidement que la chaux aérienne, mais sa résistance décline avec le temps, ce qui n’est pas le cas de la chaux qui continue à durcir.


La chaux aérienne.
La plus belle et la plus pure. C’est la reine des chaux, contenant jusqu’à 96% de calcaire pur. Le reste étant composé d’argile, de silicates, peu intéressant pour la respiration de la chaux.
C’est elle qu’il convient d’employer à tous les postes du béton de chanvre. En pâte et en poudre, elle est facile d’emploi, la poudre étant plus facile à mélanger.
Elle fait sa prise à l’air, lentement.
La chaux hydraulique.
La bonne à tout faire. Elle contient jusqu’à 60% de calcaire pur, et le reste étant aussi composé d’argile, de silicate et d’impuretés en plus grande quantité, incapable de se combiner aussi harmonieusement que le calcaire à la charge du béton de chanvre.
Moins respirante et moins solide que l’aérienne, elle n’en reste pas moins un bon produit facile à mettre en œuvre.
Elle fait sa prise dans l’eau, et plus rapidement.
Il y avait en France de nombreuses carrières et fours, indépendants.
La chaux a subi comme le reste la loi du marché, et de grands groupes cimentier (Lafarge, etc.), à cause du regain d’intérêt qu’elle suscite dans le bâtiment, ont racheté ces dernières années des mauvaises…et des bonnes carrières de chaux dont ils ont gardé le nom pour désigner la chaux moyenne qu’ils vendent aujourd’hui – uniformisation oblige.
La meilleure, la plus pure et la moins chère actuellement et pour l’usage qui nous intéresse, est conditionnée en poudre et en sac de 35 kg.
Elle est basque espagnole, du coté de San Sebastian, et il faut visiter l’usine d’extraction pour se rendre compte de sa taille impressionnante et de la poésie industrielle de ses bureaux accrochés à la montagne.
www.calcinor.com